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Un livre belge sur dix est autoédité : bonne ou mauvaise nouvelle pour les auteurs ?

  • il y a 4 jours
  • 4 min de lecture

Il y a environ une semaine, j'ai vu passer cette infos et je me suis dit que ça méritait qu'on s'y attarde.


Selon les données transmises par la Bibliothèque Royale de Belgique au journal Le Soir, 2006 livres ont été autoédités en Belgique l'année dernière. Cela représente désormais environ un livre belge sur dix.

C'est tout de même un cap symbolique qui vient d'être franchi. Et pourtant, on en parle assez peu.


graphique augmentation livres en autoédition

Ce que ce chiffre confirme


Pendant longtemps, l'autoédition a été perçue avec une certaine condescendance dans le monde littéraire. Le "compte d'auteur" évoquait l'échec, le manuscrit que personne n'avait voulu, le dernier recours avant d'abandonner.


Même si cette image persiste encore, elle a nettement changé au fur et à mesure des années. De plus en plus d'auteurs choisissent cette voie en connaissance de cause, la liberté et l'aspect financier étant des facteurs faisant penchés la balance. Un livre sur dix, ce n'est plus un phénomène marginal. C'est devenu une voie de publication à part entière.


Plusieurs données expliquent cette évolution. Les plateformes d'autoédition se sont multipliées et professionnalisées. Les outils de mise en page, de création de couverture et de distribution sont devenus accessibles à toute personne motivée, sans nécessiter de compétences techniques pointues.


Et surtout, le regard porté sur l'autoédition a changé. Des auteurs autopubliés rencontrent un vrai succès, parfois au point de signer ensuite avec des maisons d'édition traditionnelles qui viennent les chercher après avoir constaté leur popularité et tentant de "surfer" sur leur image.


Ce que ce chiffre ne dit pas


Voici où les choses deviennent intéressantes. Même en cherchant un peu, il n'y a pas de données globales sur les ventes générées par ces publications.


Autrement dit, on sait qu'un livre sur dix est autoédité. Mais on ne sait pas combien de ces livres trouvent réellement leurs lecteurs. Combien se vendent à quelques dizaines d'exemplaires, principalement auprès de la famille et des amis de l'auteur. Combien restent quasiment invisibles, noyés dans les catalogues des plateformes.


Ce n'est pas une critique de l'autoédition en tant que telle. C'est un rappel d'une réalité simple : publier un livre et vendre un livre sont deux choses très différentes.


Le cap symbolique d'un livre sur dix raconte une histoire de démocratisation de la publication. Il ne raconte rien sur la réussite commerciale ou sur le nombre de lecteurs touchés. Et c'est précisément là que se situe l'enjeu pour les auteurs qui choisissent cette voie.


Est-ce une bonne nouvelle pour les auteurs ?


Je pense que la réponse est oui, mais avec une vraie nuance.


C'est une bonne nouvelle parce que ça signifie plus de choix, plus de liberté, plus de voies possibles pour faire exister un texte. Un auteur n'est plus condamné à attendre le bon vouloir d'un comité de lecture pour voir son travail publié. Il peut décider, par lui-même, de mettre son livre entre les mains de lecteurs.


C'est une bonne nouvelle aussi parce que ça normalise l'autoédition comme un choix légitime, et non comme un pis-aller. Les lecteurs eux-mêmes sont de plus en plus ouverts à découvrir des auteurs autopubliés, notamment via les réseaux sociaux et les communautés de lecture en ligne.


Mais la nuance est importante. Plus de livres autoédités, ça veut aussi dire plus de concurrence pour l'attention des lecteurs. Le marché ne s'élargit pas indéfiniment au même rythme que le nombre de publications. Et dans un océan de plus en plus dense de titres disponibles, se démarquer devient un vrai défi.


Cela rejoint quelque chose qu'on a déjà évoqué : la qualité du texte ne suffit pas, que ce soit en maison d'édition ou en autoédition. Par contre, en autoédition, l'enjeu est encore plus direct, parce que personne d'autre que l'auteur ne va se charger de faire connaître le livre.


Ce que ça signifie concrètement


Pour un auteur qui envisage l'autoédition aujourd'hui, ce chiffre devrait être lu comme un encouragement et un signal d'alarme en même temps.


Un encouragement, parce que la voie est légitime, accessible, et que de plus en plus d'auteurs y trouvent leur place. L'autoédition n'est plus une voie de garage.


Un signal d'alarme, parce que dans un marché qui grandit, se contenter de publier ne suffit pas. La visibilité, la communication, la construction d'une audience deviennent des compétences aussi importantes que l'écriture elle-même.


Les chiffres de la Bibliothèque Royale racontent une partie de l'histoire. L'autre partie, celle des ventes, des lecteurs touchés, de la durabilité de ces projets, reste à écrire. Et elle s'écrit en grande partie par les choix que font les auteurs eux-mêmes, bien au-delà du moment de la publication.


En résumé


Un livre belge sur dix est désormais autoédité. C'est un signal fort de démocratisation et de légitimation de cette voie de publication. Mais c'est aussi un rappel que dans un marché de plus en plus dense, la publication n'est que le début du chemin, pas la ligne d'arrivée.


Et vous, qu'en pensez-vous ? Est-ce que ce chiffre vous surprend, ou est-ce que ça correspond à ce que vous observez autour de vous ?

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