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L'IA dans l'écriture : outil ou menace ?

  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

Difficile de passer une semaine sans voir le sujet revenir. L'intelligence artificielle va-t-elle tuer l'écriture ? Les auteurs sont-ils menacés ? L'IA va-t-elle remplacer les romanciers ?


Les questions sont légitimes. Les réponses sont souvent trop tranchées dans un sens ou dans l'autre. Voici mon point de vue, même si il n'est pas demandé, sur un débat qui mérite plus de nuance qu'il n'en reçoit habituellement.


book vs laptop

L'IA est un outil. Extraordinaire, mais un outil


Commençons par ce qui me semble être une évidence, même si elle dérange encore certains : l'IA est un outil. Comme le traitement de texte l'était avant elle, comme le magnétophone l'était pour les journalistes, comme la calculatrice l'était pour les comptables.


Personne n'a sérieusement soutenu que Word allait tuer la littérature. Personne n'a prétendu que la calculatrice allait rendre les mathématiciens inutiles. L'outil change la façon de travailler. Il ne remplace pas la pensée qui est derrière.


La vraie question n'est donc pas "l'IA va-t-elle remplacer les auteurs ?" mais "comment les auteurs vont-ils utiliser l'IA ?"


Et là, les réponses sont très différentes selon les usages.


Deux façons d'utiliser l'IA, deux résultats très différents


Il y a quelques semaines, je suis tombé sur le post d'une agence de communication active dans le domaine du luxe. Leur constat était simple : leur activité se portait au mieux, et leurs clients cherchaient de plus en plus la "patte humaine". Dans un secteur inondé de visuels, disons le crument, dégeulasse, l'authenticité et le soin apporté à la création redevenaient des critères de différenciation.


C'est quelque chose que j'observe aussi sur LinkedIn. Quand on fait défiler son fil d'actualité et qu'on a l'impression de lire quinze fois le même post, avec les mêmes formules, les mêmes structures, les mêmes conclusions, c'est devenu une manière paresseuse d'utilisée l'IA.


À l'opposé, l'IA utilisée comme un vrai outil de support, pour structurer une idée, faire un travail de recherche (toujours bien vérifier les sources), gagner du temps sur des tâches répétitives, libère du temps et de l'énergie pour ce qui compte vraiment : la réflexion, la voix, le point de vue.


Ce n'est pas l'IA qui fait la différence. C'est la façon dont on s'en sert.


L'IA dans l'écriture, la ligne est claire


Pour ce qui concerne l'écriture, ma position est assez simple.


Un livre doit rester entre les mains de son auteur. Il doit provenir de son esprit, de son vécu, de sa façon de voir le monde. C'est précisément ce qui le rend unique et ce qui crée le lien avec le lecteur. Un roman entièrement généré par une IA n'est pas un livre.


Mais pourquoi se priver de cet outil pour certains travaux annexes ? Quand on cherche un synonyme qui n'arrive pas. Quand on veut faire un travail de recherche sur des éléments simples. Au niveau de l'orthographe, cela permet aussi de rendre un manuscrit, peut être pas parfait, mais plus propre en tout cas. Ce sont des usages qui font gagner du temps.


La distinction est là : l'IA comme assistant, rien de plus.


Menace il y a malgré tout


Malheureusement dire que l'IA ne représente aucune menace pour de nombreux métiers serait nier la réalité.


La traduction, le copywriting... et bien d'autres. Ce sont des compétence menacée par l'IA et cette tendance va s'accélérer. Encore une fois, ces métiers ne vont pas tous disparaitre, mais le marché va diminuer et ce sera ceux qui se réinventeront qui résisteront.


Il faut partir du principe que l'authenticité, c'est précisément ce que l'IA a du mal à reproduire. Elle peut imiter. Elle ne peut pas créer à partir de rien.


Et dans le futur ?


Il est difficile de prédire quoi que ce soit sur un domaine qui évolue aussi vite. Mais mon intuition, en regardant ce qui se passe déjà, c'est qu'on va assister à une bifurcation.


D'un côté, une masse de contenus générés automatiquement, facilement reconnaissables à leur uniformité, leur manque de relief, leur absence de point de vue. Utiles pour certains usages, mais indifférenciés.


De l'autre, des contenus et des œuvres qui tirent leur valeur précisément de leur authenticité. De la singularité de la voix qui les porte. De la réflexion et de l'expérience qui les nourrissent.


Les lecteurs sauront faire la différence. Ils le font déjà, même inconsciemment, quand ils scrollent sur LinkedIn et passent sans s'arrêter sur des posts qui ressemblent à des dizaines d'autres.


En résumé


L'IA dans l'écriture n'est ni le diable ni la solution miracle. C'est un outil puissant, qui amplifie ce qu'on lui apporte. Utilisé avec paresse, il produit du bruit. Utilisé avec intention et discernement, il peut libérer du temps et de l'énergie pour ce qui a vraiment de la valeur : la voix, le point de vue, l'histoire.


Et vous, comment vous positionnez-vous par rapport à l'IA dans votre pratique d'écriture ou de la communication ?





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